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Les catalogues raisonnés
L’imprimeur a pour mission de faire apparaître sur le papier tout ce qui a entamé la surface du cuivre et qui constitue le dessin gravé par l’artiste : les traits profonds, les éraflures, les grains, les dépolissages. Tous ces creux sont des réservoirs d’encre. L’impression d’un cuivre est une suite d’opérations à faire avec méthode et soin : dévernissage, nettoyage, encrage, essuyage, passage sous presse et enfin séchage – toutes opérations à renouveler pour chaque estampe.
Encrage
En premier lieu l’imprimeur enlève le vernis qui recouvre la plaque et en assure la bonne conservation. Puis il nettoie celle-ci soigneusement.
A l’aide d’un rouleau ou d’un tampon de tissu, la plaque de cuivre est recouverte d’encre. Les tailles sont garnies avec précision. Puis avec une mousseline, appelée tarlatane l’imprimeur enlève le surplus d’encre et termine l’opération en souplesse avec la paume de la main. Ce geste de métier affinera le voile d’encre des surfaces planes du cuivre gravé.
L’impression s’effectue ensuite par le passage en presse.
La feuille de papier est humidifiée à cœur, pour donner de la souplesse aux fibres et permettre au papier d’aller puiser l’encre jusqu’au fond des tailles. L’imprimeur dispose alors sur le plateau de la presse la planche gravée puis la feuille de papier. Les langes –feutres épais et souples- placés sur le cylindre supérieur adoucissent la très forte pression exercée par la machine. Par une action mécanique ou électrique, le plateau se déplace et fait passer cuivre, feuille et langes sous le cylindre supérieur de la presse. Cette opération laisse dans le papier la marque profonde (appelée coup de planche) des bords du cuivre.
Passage en presse
Passage en presse : juste après le passage en presse, on découvre le tirage.
L’épreuve encore humide est mise à sécher pendant quarante huit heures entre des buvards et des cartons épais.
Les fréquentes opérations d’encrage et de nettoyage peuvent causer à la longue l’abrasion et l’usure de la planche : les tailles s’arrondissent, les surfaces se dépolissent. Depuis le XIXe siècle, il est d’usage de protéger les cuivres en les recouvrant d’une très fine pellicule de fer par un procédé d’électrolyse : l’aciérage. Les tailles et la surface sont ainsi protégées pour pouvoir réaliser de nombreux tirages. La plaque n’a plus la couleur cuivrée mais une teinte gris métallique.
Depuis l’invention de l’estampe, le processus d’impression n’a pas changé. Le geste et l’œil de l’imprimeur font de lui un artiste à part entière.
© Réunion des musées nationaux